Traversée des Andes – épisode 1

Cap sur le Chili, nous traversons les Andes !!

Enfin… nous nous mettons en route pour traverser les Andes par le chemin des écoliers : au lieu de passer directement de Salta à San Pedro de Atacama par le Paso de Jama , nous nous offrons une virée par la vallée de Cachi et le salar de l’homme mort. Une fois n’est pas coutume, nous avons choisi de vous raconter cette traversée plus en détail pour vous donner un aperçu de notre quotidien.

Notre départ est retardé et chaotique : un dernier asado avec des amis, la recherche d’un disque dur externe bizarrement disparu, un pliage de tente laborieux… nous partons finalement avec 24h de retard en fin d’après-midi. Nous plantons la tente sur le terrain municipal de Chicoana, à une quarantaine de kilomètres de Salta. Le terrain mélange installations sportives, tables, parillas et un grand barnum. Une famille joue au volley, mais nous sommes les seuls campeurs. Pas de douches, mais des toilettes, de l’eau et de l’électricité.

Le lendemain, nous gravissons la Cuesta de l’Obispo. La chica commence son cinéma : plus de compteur de vitesse. Nous passons par un chemin inca, la “recta del Tin Tin” (rien à voir avec Tintin contrairement à ce que croyait Cathy) puis le parc Los Cardones. Il fait beau, chaud, et la piste est bonne. Bref, tout baigne.

Enfin …. la chica continue son cinéma : le porte bagage casse une dizaine de kilomètres avant l’embranchement qui mène à Cachi par la route 40. Il faut imaginer une solution ad hoc pour continuer pendant quelques kilomètres et trouver un soudeur. Il fait chaud, et Cathy part demander de l’eau à la maison la plus proche : nous y rencontrons des artisans en train de tisser des ponchos. Ils nous expliquent qu’au village voisin, Seclantas, nous trouverons un soudeur.

Nous repartons donc et finissons la journée en compagnie du soudeur. Grégoire doit démonter la totalité du porte-bagage, porte-valise, clignotant arrière et garde-boue. Enfin, le travail est fait, la moto remontée, et en prévision d’une nuit fraiche, nous plantons la tente à l’abri dans le Quincho du camping : un endroit prévu pour faire des grillades et dresser de grandes tables bien à l’ombre. La séquence route – résolution du problème porte-bagage – démontage et remontage – n’a pas suffit à Grégoire : il décide de changer le pneu de la chica. Voilà qui est fait. Mais comme à chaque fois que nous prenons une piste, Grégoire vérifie aussi que les boulons ne sont pas desserrés. Et là, c’est la mauvaise surprise : un boulon est cassé dans le châssis de la moto.

Il est tard : nous laissons ce problème pour demain et nous finissons la soirée dans un restaurant bien sympathique. Le patron – qui est aussi un chanteur – ne se contente pas de nous faire profiter d’une cuisine locale délicieuse : il nous offre à volonté sa liqueur de raisins. Nous repartons réconfortés.

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Grégoire passe la matinée chez le soudeur : il s’agit de faire sortir ce fichu boulon du châssis. Solution ? Avec une soudure à l’arc électrique, du métal est déposé sur le coeur de la partie du boulon encore dans le châssis. Le boulon ressoudé peut ainsi être extrait. Dix secondes à expliquer mais une matinée de passée : c’est qu’il faut encore démonter et remonter toute une partie de la moto !! Pendant ce temps là, Cathy muscle et étire son épaule, fait une lessive et range la tente. Quand Grégoire arrive, les habits sont presque secs, accrochés à côté de la laine de lama fraîchement lavée par une femme qui s’occupe du camping.

Ce jour-là aussi, nous partons dans l’après-midi. Nous abandonnons l’idée d’aller à Cachi, et poursuivons directement par la route 40 vers Cafayate. La piste est un peu difficile pour Cathy : c’est qu’il faut se réhabituer aux sensations un peu molles et sableuses du terrain. Au coucher du soleil nous arrivons Angastaco où nous décidons de passer la nuit : nous y trouvons un dortoir et une douche chaude. Comme Seclantas, Angastaco n’est pas un arrêt classique sur cette route touristique ; les voyageurs s’arrêtent plutôt à Cachi et à Cafayate. Nous avons aimé l’ambiance de ces deux petits villages plutôt charmants.

Nous continuons sans incident la vallée calchaquies jusqu’à Cafayate. Grégoire met au point de nouvelles manières de filmer en attendant Cathy. A petit rythme, elle fait son chemin en s’habituant au terrain et en prenant confiance. Nous nous arrêtons pour un déjeuner très bon (et très barato : menu à 25 pesos – soit environ 3 euros – ce qui est rare). Nous profitons aussi d’un réseau wifi à Cafayate pour consulter nos mails et publier un article sur le blog. Bref, une journée calme et agréable.

Enfin …. à Cafayate, la chica fait sa diva. Panne d’essence ! Alors qu’elle consomait 3,5 à 4,5 litres pour 100 km, la voici qui s’est mise à boire 6 litres. Blues de star ? Alcoolisme de vedette ? En face de la cave où nous avions goûté au cépage torrontés quelques semaines auparavant, Grégoire doit ouvrir le robinet d’essence situé sous le réservoir de sa mule et donner son essence à la chica. Et c’est reparti ainsi jusqu’à Santa Maria où nous faisons le plein. Plein d’essence mais aussi de nourriture puisque nous prévoyons de traverser un territoire plutôt désert de Hualfin à San Pedro de Atacama. Nous partons aussi à la recherche d’un compteur kilométrique de vélo à adapter sur la chica, sans succès.

Nous repartons donc assez tard de Santa Maria. Une trentaine de kilomètres plus tard, comme le jour tombait, nous décidons de chercher où dormir. En demandant la direction d’un camping, nous rencontrons Julio, qui nous invite chez lui. Les montagnes alentour regorgent de minerais. Ancien mineur, il multiplie les travaux. A plus de soixante ans, il travaille dans la construction à Santa Maria. Il récolte aussi des piments rouges qu’il revend une fois séchés et s’occupe un peu des vignes et des chevaux de la famille. Nous partageons le repas du soir en parlant de nos familles, de l’environnement, de la politique et de la culture en France et en Argentine. Julio évoque ses années de travail à la mine et nous raconte que la principale d’entre elles, à 50 km de là, va bientôt fermer après 20 ans d’exploitation et un trou de 1 km 500 creusé dans la montagne. Il nous explique aussi que cette exploitation a eu des conséquences sur la santé des habitants de la région. Bref, une soirée tranquille.

Enfin … Grégoire a quand même passé une partie de la soirée à démonter le carburateur de la chica pour régler la visse de richesse !

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