Traversée des Andes – épisode 5

Dans la maison municipale d’El Peñon où nous avons dormi la veille, le courant était coupé la nuit. Notre GPS n’avait donc pas pu être complètement rechargé. Comme c’est assez ardu parfois de choisir entre différentes pistes sans son aide, Grégoire avait préféré le recharger pendant la nuit sur la batterie de la mule (le DR650).

Au matin, la température a beau s’être réchauffée pour atteindre –14° à huit heures et demi, et malgré une bonne heure passée pour dégeler les motos au soleil, le résultat est sans appel : impossible de démarrer la mule. L’huile reste figée dans le carter et ne revient pas à l’horizontale. La batterie est vite à plat, déjà vidée en grande partie par la charge du GPS.

Nous essayons à la poussette sur une pente, dans le sable… Peine perdue : quatre essais infructueux, à bout de souffle à cause des 4000 mètres d’altitude, le cœur qui bat la chamade… on doit changer de plan.

Heureusement, la chica, avec son plus petit moteur et son huile un peu plus fluide à froid, démarre sans trop rechigner. Pour une fois, c’est elle qui va nous sauver la mise ! Nous connectons les deux batteries avec un bout de câble fin mais qui finalement tiendra le coup. La température montant rapidement en ce milieu de matinée, la mule finit par entendre raison et démarre enfin. Il est onze heures : le soleil, les motos et nous sommes tous bien chauds. Nous pouvons partir.

La journée se déroule sans problème : le vent est moins fort que la veille et il fait beau. La piste est bonne parce qu’empruntée par des camions des mines exploitées dans le nord de la zone. Nous croisons d’ailleurs quelques poids-lourds perdus dans ces paysages immenses. Des vigognes, des ânes sauvages, un renard des Andes et des lamas nous  nous accompagnent.

A Olacapato, en fin de journée, nous apprenons une bonne nouvelle : nous n’aurons pas à pousser jusqu’à San Antonio de Los Cobres, à 70 km environ. Les habitants ont en effet un peu d’essence à vendre, en tous cas suffisamment pour pousser directement jusqu’à San Pedro de Atacama le lendemain, de l’autre côte de la frontière. Cela fait 140 km en moins…. Nous dépensons donc nos derniers pesos en achetant de l’essence à une première femme, puis, en cherchant bien, à une seconde. La première nous propose de planter la tente dans son arrière cour. Elle a quatre bébés lamas bien curieux qui la suivent comme leur mère et qui nous tiennent compagnie. Ils seront mangés dans 4 à 5 mois.

Les restes d’anciennes installations ferroviaires utilisées auparavant pour l’exploitation des mines donnent une image de Far West à ce petit pueblo perdu dans les montagnes.

 

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