Sud Lipez – Laguna verde

A San Pedro de Atacama, nous préparons une boucle dans le sud Lipez. Cette région de Bolivie, à la frontière du Chili et de l’Argentine, est un peu l’Everest de notre périple dans la région : conditions extrêmes d’altitude et de froid, nécessaire autonomie en essence, en eau et en nourriture, 600 kilomètres de pistes et de chemins prévus avant de revenir à notre point de départ. La région nous attire beaucoup pour l’exhubérance de ses milieux géologiques et pour sa faune étonnante, notamment dans la partie protégée de la « réserve nationale de faune andine Eduardo Avarao ». Les animaux sauvages (vigognes, flamants, viscachas, titis ou chats andin sauvages, suris…) y vivent dans un environnement fait de volcans en activité, de déserts de sable ou de pierres, de salars et de lagunes aux couleurs extraordinaires.

Le voyage demande à être bien préparé. L’altitude oscille entre 4200 et 6000 mètres et la température peut descendre jusqu’à -40 degrés la nuit… Nous prenons donc notre tente en solution de secours mais nous visons préférentiellement des refuges pour dormir. Comme nous devons emporter essence, eau et nourriture, nous décidons de partir pour 5 jours maximum. Nous récoltons le maximum de renseignements sur les conditions d’enneigement qui pourraient rendre les pistes impraticables, ainsi que sur les pistes elles-même, réputées difficiles. Grégoire dessine sur nos fonds de carte les traces GPS de notre parcours prévisionnel afin d’éviter que nous nous perdions. Ce travail permet également d’évaluer le nombre de kilomètres à parcourir et de décider du nombre de litres d’essence à emporter. Nous prévoyons de ne faire les boucles les plus ardues qu’avec la mule pour limiter notre besoin en carburant. Avec la surconsommation attendue sur les pistes sableuses, c’est un peu plus de 60 litres d’essence que nous emmenons finalement pour les deux motos. Nous actualisons aussi les données de notre balise de détresse : il y a peu de monde là-haut, surtout en dehors des pistes suivies par les 4×4 des agences de tourisme, et en cas d’accident il nous sera difficile de trouver du secours. Afin de nous alléger, nous prévoyons enfin de laisser à l’auberge tout ce qui ne nous sera pas directement utile.

Jusqu’au matin du départ, nous hésitons à partir à une ou deux motos. Notre expérience de la traversée des Andes nous a enseigné que la petite moto jaune est bien utile pour faire démarer le DR650 le matin lorsque les températures sont très négatives la nuit. A deux motos, les conditions de sécurité nous semblent aussi meilleures, notamment en cas de souci mécanique. Mais malgré ces arguments légitimes et le désir de Cathy de prendre sa moto, son épaule va-t-elle résister ?

A 9 heures, c’est finalement à deux motos que nous partons, quitte à abandonner la chica pour revenir plus tard la chercher si cela s’avèrait nécessaire. Le volcan Licancabur (5920m) domine la première étape du voyage. De San Pedro, nous montons la rude pente qui mène à la frontière bolivienne en nous arrêtant régulièrement pour nous habituer à nouveau à l’altitude. Les feuilles de coca nous aident un peu à encaisser les 2000 mètres qui nous séparent de la Bolivie, ainsi que les lamas, qui sont toujours pour Grégoire l’occasion de pauses photo ralentissant le rythme de notre progression. Les images parlent ensuite mieux que les mots : un ciel très pur, un espace immense, les cônes parfaits des volcans, et enfin la laguna verde (qui doit sa couleur à une forte concentration de cuivre et d’arsenic). Nous avons le sentiment d’avoir beaucoup de chance d’être là.

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