Le mystère de la civilisation Tihuanaco

14 octobre – Environ 500 ans avant que les Incas commencent à construire leur Empire, toute la région de l’ouest de la Bolivie, du nord du Chili et de l’Argentine et une partie du Pérou étaient sous la domination de la civilisation Tihuanaco (ou Tiwanacu). C’était une grande civilisation, en termes de longévité (de 1500 avant JC à 1200 après JC), de géographie (tout l’altiplano jusqu’à l’océan) et d’avancée technique et artistique (des terrasses artificielles, un système d’irrigation qui permettait aux champs de s’adapter aux conditions climatiques, une variété d’alliage de cuivre dans les armes pour les rendre plus résistantes…).

Nous avions vu au musée de San Pedro de Atacama un ensemble de palettes servant à prendre des substances hallucinogènes, utilisées durant les rites religieux. Nous avions vu les poteries, les sculptures et les textiles dans les musées d’Argentine et de Bolivie. Nous en avions entendu parler à travers leurs colonies lointaines et leurs liens commerciaux avec des peuplades contemporaines. Ici, nous pénétrons dans un site sacré, comprenant plusieurs temples. Il s’agit d’une partie de la capitale, dont la population était estimée entre 50 000 et 110 000 habitants en l’an mille. Nous sommes maintenant au cœur de la cité mère !

Nous gravissons une pyramide à sept degrés à côté de laquelle ont été retrouvés les restes de sacrifices d’humains et de camélidés, dont les blocs formant la base dépassent pour certains 100 tonnes. Nous entrons ensuite dans un temple semi-souterrain où 175 têtes sculptées (celles de leurs ennemis tués à la guerre ?) sortent des murs. Au musée de Tihuanaco, nous avions vu l’énorme pierre anthropomorphe appelée Bennett ou la Pachamama : 7,30 mètres pour 20 tonnes. Dans les temples, nous voyons d’autres monolithes anthropomorphes plus petits et entièrement gravés. La porte du soleil est très célèbre ; on y voit un dieu avec un sceptre dont la tête figure un double serpent. Des hommes oiseaux lui font allégeance.

Avant qu’Hergé ne s’inspire de cette iconographie pour Le temple du soleil, les incas et les espagnols ne se privèrent pas d’assimiler le dieu figuré sur la porte du soleil. Les incas l’identifient à Viracocha (le dieu créateur de toutes choses, même du soleil et de la lune). Les espagnols, qui avaient l’habitude de lancer les assauts au cri de “Santiago” y voient une figure de ce saint (Saint Jacques, dont l’un des attributs est la foudre).

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Deux aspects de la civilisation TIhuanaco nous laissent songeur : alors que la civilisation inca n’a duré que 150 ans et qu’elle a beaucoup emprunté aux tihuanacos (leurs dieux, leur système de terrasse pour l’agriculture ou leurs techniques pour porter des pierres de plusieurs dizaines ou centaines de tonnes…), elle est paradoxalement beaucoup plus connue. D’autre part, la disparition de la civilisation tihuanaco est assez mystérieuse ; ce serait un changement climatique qui en serait la principale cause… à méditer.

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