Tour du lac Titicaca – Le village dans les nuages

2013-11-30 carte escoma 00223 – 24 octobre – Pour finir notre tour du lac Titicaca, côté nord, nous avons envie de passer par les Yungas, la chaîne de montagnes qui sépare l’altiplano de la région amazonienne. A la casa Mato Grosso d’Escoma, Emmanuel et le padre Valentino nous ont dessiné une carte qui sent déjà bien l’aventure. Reste à savoir comment reconnaître les différentes bifurcations au long du chemin… mais la route promet d’être belle et épique, avec un dénivelé énorme. Les épingles à cheveux dessinées sur le plan ne sont qu’un résumé de ce que nous trouverons en réalité.

Le temps est nuageux, mais les montagnes n’en sont que plus belles … nous hésitons parfois sur la route à prendre, ce qui nous vaut quelques gamelles et un beau demi-tour d’équilibriste après quelques kilomètres dans un chemin muletier. A peine sommes-nous revenus sur la piste de départ que, perdue dans les nuages, la moto de Cathy décide de faire la morte… Avec flegme et patience (l’altitude aide parfois à garder son calme), Greg finit par se rendre compte que c’est l’unique fusible de la moto qui a décidé de rendre l’âme. Reste 200 km de pistes ; il est 13 heures, nous repartons aussitôt après avoir changé le fusible.

 

 

La balalde devient vertigineuse. Nous montons à plus de 5000 mètres où nous rencontrons du brouillard, de la neige et des alpagas. Première descente vers 2000 mètres pour traverser un rio et hop, c’est reparti à près de 4000, puis nouvelle descente à 1300 mètres pour un second rio au milieu d’une végétation luxuriante, cette fois bien en dessous les nuages. Il fait maintenant 20 degrés et nous voyons sur le versant opposé, pendant les dizaines et les dizaines d’épingles que nous descendons, celles qui nous permettront  de remonter à nouveau à plus de 4000 mètres vers l’altiplano.

 

 

A la moitité de cette deuxième grande remontée, alors que la nuit tombe et que nous allons entrer dans les nuages, nous traversons un village où, malgré les pentes abruptes, un terrain de foot a été aménagé. Nous demandons aux habitants si nous pouvons camper sur le terrain, seul endroit plat que nous ayons trouvé à des kilomètres à la ronde. Ils nous invitent à planter la tente sur une petite parcelle où un grand eucalyptus est en train d’être débité, juste à côté de la maison communale. Pendant que nous déchargeons les motos et plantons la tente, les habitants viennent nous saluer, nous invitent chez eux, nous posent  plein de questions et nous souhaitent la bienvenue. Le soir, pendant que les adultes sont réunis pour l’assemblée communale, une dizaine d’enfants nous observe préparer le feu, faire la cuisine, en commentant tout bas et en faisant des blagues qui les font rire. D’abord à peine visibles à une vingtaine de mètres de la tente dans l’obscurité, ils se rapprochent peu à peu avec curiosité puis s’installent sur le tronc de l’eucalyptus à trois mètres de la tente. Nous sommes le divertissement du jour.

Nous nous levons sous un soleil blafard que la pluie remplace vite. Les bûcherons ont pris la place des enfants et travaillent à côté de nous jusqu’à ce que la pluie devienne trop forte. Nous attendons qu’elle se calme un peu et partons du village dans les nuages en espérant une amélioration du temps. Un peu de neige, de boue qui glisse, toujours des alpagas, beaucoup de brouillard et d’à-pics : nous arrivons à La Paz un peu transis et un peu sales, mais heureux.

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