Cusco : le nombril du monde

2013-11-24 Cusco20 novembre au 2 décembre – Après que Viracocha eut créé les hommes, Inti, le dieu soleil, envoya son fils Manco Capac fonder une cité. Il lui donna un sceptre d’or : là où il s’enfoncerait serait le lieu de fondation de la cité mère des Incas. Manco Capac se mit en route avec sa soeur-femme et ses frères en direction du nord-est du lac Titicaca, et c’est à Cusco que le sceptre s’enfonça dans la terre. Cusco, qui signifie “le nombril”, est ainsi devenue la capitale de l’empire inca, la porte d’entrée de la vallée sacrée qui s’étend jusqu’au Macchu Picchu, et le centre des 23 000 kilomètres de chemins nécessaires pour relier toutes les cités d’un territoire s’étendant, à l’apogée de l’empire, de Pasto en Colombie au rio Bio Bio au Chili, de la côte pacifique aux forêts tropicales de l’ouest.

Vue du ciel, Cusco avait la forme du puma, la force qui veille. Sa tête était une forteresse, tandis que les canchas (des unités d’habitation) et des palais formaient son corps. Cusco, c’est aussi la ville que les espagnols ont mis le plus de rage à détruire. Il ne reste quasiment que des pans de murs (mais quels murs) de palais incas. A la place du palais de l’Inca, un couvent dominicain a été construit ; suite à un tremblement de terre, les temples de la lune, du soleil, de la foudre, de l’arc-en-ciel et des étoiles ont été mis à jour dans le cloître. Sur la grand-place actuelle, les jésuites et l’évêque ont rivalisé pour construire l’église la plus belle, tandis que dans tous les quartiers périphériques des églises plus petites, mais tout aussi décorées, émergeaient. De grands artistes européens puis leurs apprentis incas ont ainsi laissé des œuvres de toute beauté.

De tous les musées de Cusco que nous avons visité, notre préféré est celui qui rassemble les œuvres des civilisations pré-incas : Huari, Chimu, Chancay, Nasca et Mochica notamment. On dirait que certaines sont contemporaines tant leur conception et leur esthétique nous est proche, et leur état de conservation parfait.

Cusco, c’est aussi pour nous la ville où nous devons résoudre un problème et prendre une décision importante. Le problème : depuis quelques temps, la moto de Grégoire s’est mise à fumer le matin. Nous devons donc essayer de comprendre ce qui se passe et de trouver une solution. Nous ne trouvons pas de mécanicien fiable à Cusco : c’est donc grâce à des recherches sur Internet, des discussions avec des motards et des discussions téléphoniques avec Stefan Hessler, mécanicien en Allemagne, que vient le verdict. Plutôt que la segmentation, ce serait un problème de soupape ou de culasse. Reste à ouvrir le moteur pour vérifier et réparer. Nous pensons donc retourner à La Paz, où nous connaissons un mécanicien : Hugo entretient toutes les DR650 de Mauricio pour Moto Andina.

2013-12-02 Pesage motos 003La décision à prendre est de continuer vers le nord, ou repartir vers le sud. Cette décision est conditionnée par les possibilités que nous aurons de transporter les motos vers l’Asie et la météo : c’est la saison des pluies qui commence ici et les routes de montagne au Pérou risquent rapidement de devenir dangereuses en raison des éboulements et c’est au contraire l’été en Patagonie et en Terre de Feu, seule saison où nous pouvons espérer ne pas geler la nuit dans notre tente. Du côté asiatique, nous devons éviter la mousson, et si nous voulons nous donner une chance de poser nos pneus en Mongolie, y passer pendant l’été. Les recherches pour savoir d’où envoyer les motos, par quels transporteurs, et pour quel prix sont longues, très longues ! Deux solution nous paraissent finalement acceptables : envoyer nos motos de Bogota au Japon par air ou de Santiago par mer. Nous privilégions la première, qui nous laisserait le temps de descendre en Terre de Feu et de remonter en Colombie, mais pour qu’elle soit financièrement possible, il faut pouvoir mettre les 2 motos dans une seule boîte dont les dimensions sont fixées par le transporteur. Nous démontons donc les motos, achetons une balance, et prenons les mesures pour savoir si cela convient. A quelques centimètres près, cela devrait passer, et après trois semaines de recherches et de réflexion, le plan est donc de partir profiter de l’été au sud pour rejoindre ensuite le nord. Autrement dit, encore une belle boucle et d’un certain point de vue encore un beau détour… et comme toujours, nous savons aussi que si toutes ces heures passées à faire des recherches ont été nécessaires, nous changerons peut-être aussi d’avis – en fonction du temps, de la fatigue, de l’envie, et des inattendus que présentera le voyage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>