De Córdoba à Salta

Camping urbain

Camping urbain

 

Du 29 mars au 1er avril : nous sommes descendus des montagnes et la chaleur se fait plus intense dans un paysage de canne à sucre et de villages dans lesquels restent quelques maisons coloniales. Nous roulons dans des nuages de papillons qui sont comme autant de flocons d’une tempête de neige. Ils se prennent dans les charnières des casques, les fermetures éclair, les câbles et s’écrasent sur les visières. A la pause, nos motos sont recouvertes d’une décoration d’ailes irisées. Un mixte de poésie et de boucherie.

Nous faisons halte dans un camping près des thermes de Rio Hondo : piscines d’eau thermale et ambiance familiale. Deux minutes suffisent pour qu’un père de famille nous invite pour l’asado : c’est dimanche et il est venu ici profiter des piscines en famille. Les grillades sont toujours au menu dans ces cas là, et il veut nous en faire profiter. A la bonne franquette, nous partageons leur repas – décidément, l’asado fait par un argentin à quelque chose de magique. Avec les mêmes instruments (viande et charbon, quelques épices) nous ne sommes jamais arrivés au même résultat.

Nous sommes arrivés liquéfiés par la chaleur sous les casques et nous avons encore un peu chaud – 31° à l’ombre et un temps à l’orage. C’est alors que notre hôte s’écrie : “qu’il fait bon !” et nous apprend que quelques mois auparavant il faisait 20° de plus. Un coureur du Dakar en est mort. Le temps s’allonge, la conversation à bâtons rompus se prolonge. Nous apprenons entre autres que les gens se marient beaucoup entre cousins ici, qu’il y a des cours de philosophie au collège dans toutes les filières et que les professeurs sont bien payés. Nous constatons que le niveau de vie se mesure au fait de pouvoir ou non s’acheter une voiture 0 km. Quoi d’autre ? A noël, ici on mange de l’asado, beaucoup d’hommes restent à la maison pour s’occuper des enfants quand la femme gagne un bon salaire, la culture de la canne à sucre dans leur village a été organisée au XIX par un français. L’orage éclate, tout est remballé et on se dit au revoir.

Plus au nord, nous bifurquons pour rejoindre Tafi del Valle et reprenons des routes que nous avions empruntées il y a quelques mois. Nous avons le sentiment de revenir de loin. Quel chemin parcouru depuis la reprise de la moto par Cathy !

A Salta, nous nous initions au camping urbain. Le camping où nous arrivons vannés après 500 km de route et des courses en ville, à 23 heures, est en grève. Nous plantons donc devant les grilles, en pensant que demain est un autre jour …

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