Des singes, des dragons et des éléphants

Nous sommes au XV siècle. Le Shogun Leyasu Tokugawa parvient si bien à unifier le Japon que sa famille gardera le pouvoir pendant 250 ans. Il choisit le site de Nikkô pour y faire construire son mausolée et son petit-fils y fait construire le sanctuaire Tôshôgu. Signes de pouvoir : or, bois laqué, finesse des sculptures et expression furieuse des dragons. Avec le style chinois tout en couleurs, la famille Tokugawa en met plein la vue à ceux qui voudraient secrètement un peu d’indépendance. Autour des édifices, un environnement sacré : montagnes et forêts de cèdres. Des jardins, soignés depuis des siècles, complètent le paysage.

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Parmi les curiosités : deux chevaux sont en permanence de service au temple et des éléphants bizarres sont dessinés sur les maisons de stockage. Le reste de la ménagerie est plus classique : un chat célèbre dans tout le Japon, des oiseaux du ciel et de la mer, des dragons, des tigres, et des singes. Sculptés sur les écuries, les trois singes sages mettent en scène la maxime “ne rien voir”, “ne rien entendre”, “ne rien dire”. La maxime vient de Chine (on la trouve entre autres chez Confucius, dans des contes ou la sagesse shintoïste) mais la représenter avec des singes est japonais. Elle sert notamment à l’éducation des enfants qui ne devraient pas entendre le mal, dire le mal ou voir le mal. Sur la frise du temple, elle n’est qu’une des étapes de la vie d’un singe qui passe par toutes sortes d’états d’âmes… avant d’avoir lui-même un petit.

La pagode à cinq étage est dotée d’un système antisismique ingénieux : un pilier central est accroché au quatrième étage mais ne repose pas par terre. Cela permet de répartir les secousses quand la terre tremble.

L’ensemble du site, qui comprend d’autres sanctuaires et temples, est classé patrimoine mondial de l’humanité. Il est tellement visité que les guides conseillent de s’y rendre en dehors des vacances scolaires et en début de journée … nous y sommes en semaine et dès l’ouverture : tous les écoliers japonais animent le site avec leurs bobs colorés, leurs jeux de piste et leurs photos.

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Une réflexion au sujet de « Des singes, des dragons et des éléphants »

  1. c’est magnifique les boiseries sculptées polychromes! très inspirant pour moi (je vais essayer de continuer à peindre un peu cet été), quel changement de décor! c’est chouette de vous voir déambuler dans ces beaux jardins, vous avez l’air plus reposés! plein de bises

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