Chez Naoki à Sapporo

19 au 25 juin

DSC00518Nous arrivons à Hokkaido fatigués par les derniers jours de pluie et surtout préoccupés. La mule nous donne des signaux d’alarme : Greg est obligé de retendre la chaîne presque tous les jours et ses pneus sont plus qu’usés (sans parler de la couronne qui ressemble à une lame de scie circulaire !). Les pièces de maintenance que nous avions emmenées sont épuisées depuis l’Amérique du Sud, mais nous comptions sur le Japon pour nous refaire un stock avant d’entrer dans les territoires du Far East. Nous ne nous faisions pas de souci : nos motos sont des Suzuki, donc le japon, c’est un peu leur maison. Eh bien, nous avions tort. Souichirou et Naoki nous avaient aidé à trouver des filtres à huile quand nous étions près de Yamagata, mais quelle galère pour des pièces aussi communes !! Greg s’était donc mis à chercher activement les pièces, mais sans succès : les magasins, même dans les grandes villes, n’avaient rien en stock pour nos motos. Commander par Internet ? Bonne idée …. mais nous apprenons que certaines pièces seront livrées dans … un mois. Or, le temps s’est rétréci pour nous car nous avons maintenant des visas à date fixe pour la Russie et la Mongolie. En arrivant sur Hokkaido, à Sapporo (1,9 millions d’habitants), nous apprenons que les pièces dont nous avons besoin arriveront au mieux le 25 juin. Nous avons une réservation pour le ferry à Wakkanai le 26 : délai impossible à tenir.

P6201311Grâce au réseau japonais des motards dont nous avait parlé un couple d’amis français au moment de la préparation du voyage (merci Fred et Lulu), nous sommes en contact depuis plusieurs semaines avec Chiyo et Wataru. Ils habitent au nord de Hokkaido et ont traversé l’Asie et l’Europe sur leurs motos il y a quelques années. C’est chez eux que nous avons fait envoyer nos visas depuis la France. Nous finissons par leur demander s’ils ne connaissent pas à Sapporo l’adresse d’un magasin de moto où nous pourrions trouver nos pièces. Ils nous envoie au Piston Broke Club chez Naoki. Nous arrivons en fin d’après-midi ; Naoki regarde nos motos et comprend notre situation. Il met alors en œuvre en quelques coups de téléphone un impressionnant réseau entre tous les magasins de Sapporo, qui se mettent à la recherche de nos pièces. Couronnes et pignons seront envoyés directement depuis l’usine Suzuki d’Hammatsu pendant le week-end. Comme le représentant des marques de chaînes que nous cherchons est au Piston Broke Club, nous trouvons une solution en dehors des horaires de bureau. Au moment où la nuit tombe, nous savons que nous aurons nos pièces le 22 juin. Superbe travail d’équipe – Merci !

P6211314Au moment où la nuit tombe, Naoki nous propose aussi de passer la nuit dans son atelier au lieu d’aller au camping. Les membres du Piston Broke Club sont particulièrement friands des motos des années 70 et 80 qui deviennent entre les mains de Naoki de véritables chefs-d’œuvres : Suzuki Katana gonflée à bloc, Kawasaki 1300 6 cylindres au son velouté ou 750 3 cylindres 2 temps qui pétarade, café racer sur base Yamaha à couper le souffle… Beaucoup sont  paradoxalement réimportées des USA afin de s’affranchir légalement de la limite à 100 cv… qui existe aussi au Japon.

Nous installons nos matelas entre ces motos. Le lendemain, nous montons la tente dans son jardin ; finalement nous passerons cinq jours à Sapporo. Masayo nous fait découvrir les plats japonais que nous ne connaissons pas encore. Tsukine est un bonheur de petite fille : à 6 ans, elle essaie de nous apprendre un des alphabets japonais, nous tresse des couronnes de fleur et nous offre des petits cœurs en origami, nous chante des chansons et essaie de nous parler anglais. Nos journées passent trop vite : mécanique, achats, mise à jour du site web, etc. Nous allons aussi aux thermes, faisons des barbecues et mangeons des sushis, tirons des feux d’artifice et jouons du violon. Des renards se promènent dans le jardin, nous faisons la connaissance avec une grande couleuvre dans le potager (que Naoki tire par la queue pour vérifier que ce n’est pas une vipère quand elle se retourne pour mordre). La présence d’un ours dans le voisinage amène la police à demander aux habitants de rester chez eux pendant 3 heures : la campagne japonaise est très peuplée, même à quelques kilomètres d’une métropole.

En changeant le kit-chaîne, Grégoire se rend compte que les roulements des deux motos sont morts et que l’usure a fini par abîmer les moyeux : avec Naoki, il construit patiemment des solutions de rechange et nous décalons notre ferry d’une semaine. Quand nous partons, nous avons des motos prêtes à affronter les pistes du Far East, le cœur plein de papillons et peut-être même avons pris aussi 1 ou 2 kg.

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