De Khabarovsk à Chita

P71108408 au 14 juillet – Entre Khabarovsk et Chita, nous traversons la Sibérie orientale. Ce sont plus de 2000 km principalement fréquentés par des camions, des voitures japonaises importées qui filent vers l’ouest et quelques camionnettes 4×4 ou petites voitures des villages alentours. Au total peu de monde, et seulement quelques cafés et pompes à essence disséminés le long du ruban d’asphalte. De loin en loin, ou lorsque nous nous écartons de la route, nous voyons la ligne du transsibérien et ses trains, beaucoup plus nombreux que les voitures.

P7080736Par beaucoup de côtés, la Sibérie est conforme à ce que nous imaginions : la taïga, avec ses bouleaux, pins, et arbustes. Les marais, prairies et forêts qui s’étendent sans fin à l’horizon. Le vent fait de jolis effets dans les feuilles de bouleau et dans les herbes hautes. Quelques arrêts pour manger ou bivouaquer en dehors de la route sur de plus petits chemins nous font entrevoir la rudesse de la vie ici, surtout l’hiver. Des maisons de bois sans eau courante (de toutes les façons, les canalisations seraient gelées tout l’hiver) habillées parfois de fenêtres colorées, les toilettes dans un cabanon au fond du jardin, quelques chèvres. Le balai incessant des trains (nous avons compté un train de 60 à 80 wagons toutes les 5 minutes lors d’un déjeuner) impose un rythme particulier – dans lequel la jeunesse évolue : petites tenues fluorescentes pour les filles, tour de motos en Oural avec sidecar pour les garçons. D’autres côtés sont plus inattendus, comme la ville de Birobidjan, capitale de la région autonome juive, où se mêlent chandeliers à sept branches et symboles du communisme.

P7100786L’atmosphère est saturé d’humidité (il y a des orages tous les soirs) et de bourdonnement d’insectes, et nous sommes souvent beaucoup mieux sur nos motos qu’arrêtés. Nous avions entendu parler des insectes de Sibérie, mais la réalité dépasse de loin tout ce que nous avions anticipé. Des nuages de mouches géantes se forment autour des voitures qui vont à 30 km.h sur les pistes ou les portions en travaux de la route. Avec leurs acolytes les micro-moucherons mordeurs, elles nous assaillent quand nous nous arrêtons et nous imposent souvent d’écourter nos pauses. En plus, elles ne respectent pas du tout l’intimité, ces sales bêtes ! Rentrés dans la tente avant la nuit tombée, nous entendons progressivement le bruit des moustiques et des insectes qui se collent sous l’auvent : cela fait comme des gouttes de pluie qui tombent sans discontinuer. Pas facile de les faire sortir de là le matin.

Nous trouvons de beaux endroits pour camper, mais nos bivouacs sont aussi l’occasion de rencontres … déconcertantes. Papa et fiston sur leur Oural ne semblent pas vraiment contents ; notre tente est plantée au milieu de leur chemin (nous apprenons au passage qu’une trace de pneu dans le sable, en fait, c’est une route). Autant pour nous. Une nuit vers 1h du matin nous sommes réveillés par quelqu’un – complètement ivre – qui veut simplement savoir si nous allons bien et d’où nous venons. On s’en passerait !

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Nous nous éloignons de la route pour trouver un endroit où planter la tente…

Une réflexion au sujet de « De Khabarovsk à Chita »

  1. On l a déjà dit plusieurs fois, mais merci encore pour la qualité de vos récits et ces photos magnifiques… On ne se lasse pas de vous lire !
    Bises
    Fab et Karen

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