Campagne sibérienne

Aginskoe 6Autour de Chita, nous quittons la route principale pour prendre les petites routes et les chemins qui s’enfoncent dans les prairies et les bois. Nertchinsk, est un ancien carrefour commercial entre la Russie et la Chine, et la petite ville a conservé ses belles maison de bois entre lesquelles nous croisons des femmes en fichu, des chèvres et des vaches. Nous y rencontrons aussi un Turc, arrivés ici au gré des migrations familiales et un jeune Azeri avec qui nous déjeunons. Il nous raconte qu’il vient travailler en Russie depuis plusieurs années pour subvenir aux besoins de ses parents qui habitent au sud de Bakou. Manifestement, la richesse pétrolière azérie (Baku est une petite Dubai nous dit-il) ne profite que peu à la majorité de la population qui peine à y trouver du travail.

Nertchinsk 12Changement complet d’ambiance à Aginskoe, où nous faisons un grand pas en orient, dans le territoire d’une ethnie mongole : les Bouriates. Depuis la fin du communisme, deux monastères tibétains y ont été reconstruit et forment une nouvelle génération de moines. Dans la campagne alentour, nous croisons aussi des témoignage du chamanisme pratiqué par les Bouriates, comme les arbres entourés de rubans qui signalent un endroit sacré. Nous sommes loin des églises orthodoxes de bois construites par les aristocrates russes exilés à Chita après la révolution manquée de décembre 1825. La Sibérie nous étonne : c’est une mosaïque de cultures.

Nous rentrons à Chita par les petites pistes. C’est un avant goût de Mongolie : plusieurs traces partent dans la prairie à peu près dans la même direction et il faut choisir laquelle suivre. Après quelques kilomètres dans une prairie fleurie mais par endroits marécageuse, nous nous enfonçons dans une forêt de bouleaux… encore quelques dizaines de kilomètres dans une boue glissante, sous l’orage et nous nous interrogeons : cette trace va-t-elle déboucher sur le village et la route que nous voulons rejoindre ou va-t-il falloir faire demi-tour ? Nous sommes vraiment au milieu de nulle part ! Encore quelques efforts, nous désembourbons la mule, et c’est là que – depuis l’ornière boueuse où nous luttons – nous apercevons un de ces grands morceaux de bois qui marquent un endroit sacré. Sans savoir ce que nous devons faire pour nous concilier l’esprit du lieu, nous continuons notre chemin pour redescendre bien longtemps après dans une vallée où nous retrouverons – épuisés – la grand route.

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