Altai, épisode 1 – Neiges éternelles et pétroglyphes

20 – 21 août – Des pistes dans des montagnes dont les sommets s’élèvent à 4000 mètres et des pétroglyphes en fond de vallée glacière… nous n’avons pas résisté.

Altai 23Depuis Ölgii, nous préparons l’expédition. Une ancienne guide du parc national d’Altai Tavan Bogd nous aide à repérer les pistes et nous indique où trouver de l’essence. Cathy passe des heures sur Internet à chercher les coordonnées GPS des pétroglyphes (avec plus de 10 000 dessins dans certaines zones, s’il faut retourner chaque pierre, nous ne sommes pas rendus). Nous obtenons des permis frontaliers spéciaux : les glaciers et sommets de l’Altai sont à la frontière de la Chine, de la Russie et de la Mongolie et nous ne pouvons y circuler qu’avec des autorisations spéciales. Nous  laissons sur place une partie de nos affaires et partons, légers, vers la “montagne d’or”. Une seule contrainte, mais de taille : nous devons sortir de Mongolie le 23 août, fin de validité des visas oblige.

Altai 4Le temps de ressouder une fois encore le porte-bagages de la Chica, et nous quittons Ölgii en début d’après-midi. Alors que nous remontons la vallée de la rivière Oygorin Gol, nous ressentons la même excitation teintée d’appréhension que sur les pistes menant à la région du sud Lipez en Bolivie, un an auparavant.

Un premier arrêt nous est imposé après qu’un rocher a défoncé une valise du DR 650 : c’est qu’ils sont agressifs, par ici ! Nous réparons rapidement (avec deux pierres) et campons un peu plus haut dans la vallée. Les autres arrêts le lendemain sont plus agréables : pour voir les pétroglyphes bien sûr, mais aussi pour photographier les marmottes qui sont tellement grosses en cette fin d’été qu’elles ont la flemme de courir et se laissent approcher, ou encore pour discuter (en russe) avec un kazakh (de Mongolie), qui traversait (à cheval) la même rivière que nous.

Altai 25Les pistes sont de plus en plus difficiles à suivre. Parfois, ce ne sont que des traces qui subitement s’arrêtent. “C’est curieux… Pourquoi s’arrêtent-elles ? », nous demandons-nous au milieu de la montagne… Nous finissons par comprendre : nous suivons les traces des bergers kazakhs qui habitent par ici. En prévisions de l’hiver, ils partent pour faucher de l’herbe … et s’en retournent vers les bergeries ! Une fois arrivé sur les lieux de fauche, nous passons donc en hors piste, en gardant le cap des gués où nous souhaitons traverser les prochaines vallées.

Altai 48 bisCes traces nous amènent finalement à suivre, comme en randonnée dans les Alpes, un torrent dans une montagne charmante, avec fleurs, soleil, ciel bleu et marmottes inclus (il y a aussi des chameaux, ce qui est plus rare dans les Alpes). Tout est normal : c’est bien notre route. Mais le mignon torrent se jette dans une gorge dont nous voyons les falaises – à pic. “Il y a vraiment une piste, là ?? !!” nous demandons-nous dans les montagnes. Comment allons nous passer cette fois ? Directement dans le torrent ? En descendant les motos en rappel ? Nous apercevons les traces d’un 4×4 : allons-y, il doit bien y avoir une sortie. Après un parcours d’équilibriste, nous arrivons dans la vallée de la Tsagaan Gol – une grande rivière de lait glaciaire toute blanche.

Altai 63Pour rejoindre les lacs du sud du parc ou rentrer à Ölgii, nous avons deux options : contourner la Tsagaan Gol par une petite piste et arriver à Tsengel (où il y a un pont) ou traverser la rivière à gué et prendre une piste plus grande qui mène au même village. La rivière est réputée dangereuse pour les 4×4 et nous avons lu plusieurs mises en garde à Ölgii. Pour ne pas avoir de regrets et comme nous savons que les petites pistes sont parfois difficiles, dans l’après-midi, nous passons néanmoins par les trois gués référencés. Grégoire cherche à chaque fois des endroits où nos motos pourraient passer sans danger en rentrant dans l’eau glacée pour chercher un chemin : il ne faut pas que l’eau soit trop haute sinon elle rentrerait dans le moteur, il ne faut pas trop de courant et il faut éviter les gros rochers infranchissables au fond. Premier essai en blouson de moto, caleçon et tongs de Cathy aux pieds : mauvaise pioche, il est emporté par le courant lorsqu’il tombe dans un trou. “Oh non !!” s’écrie Cathy au milieu de la montagne lorsqu’elle se rend compte que Grégoire, en tombant dans la rivière, a perdu une de ses tongs. Autres essais en tenue de pluie et bottes de moto : à chaque fois, la traversée nous semble trop dangereuse.

Un peu fatigués, nous finissons par monter la tente dans une étable qui nous abrite du vent : demain, nous prendrons la piste qui contourne les montagnes jusqu’au village et son pont.

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Une réflexion au sujet de « Altai, épisode 1 – Neiges éternelles et pétroglyphes »

  1. Coucou les amoureux,
    je me répète, mais vous nous faites vraiment rêver avec toutes ces photos !
    L’Altaï et ses tectoglyphes, c’est fascinant ! et que c’est BEAU !!!
    J’espère que vous allez bien et que vous êtes toujours aussi heureux d’être sur la route !
    Je vous embrasse très fort tous les 2 !
    Jeanne

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