Pas de problème !

4 au 6 novembre. A Mashhad, le gel et la neige sont annoncés. Pas de problème, nous partons vers le sud et son désert semi aride, il y fera chaud et sec.

Sur l’autoroute périphérique à 6 voies où les voitures font marche arrière pour nous offrir du cholet (voir épisode précédent), Cathy bifurque et Grégoire va tout droit. Pas de problème, deux demi tours à l’iranienne plus tard, nous sommes réunis à nouveau.

La pluie tombe drue à présent. La température aussi. « Oh tiens, nous sommes montés à 3000 mètres ». Il y a tellement de buée dans les visières que nous ne nous sommes même pas aperçus que nous montions, occupés à suivre les lignes blanches pour ne pas sortir de la route. Pas de problème, avec un brouillard à couper au couteau et 5 mètres de visibilité, ça ne sert à rien de les ouvrir pour voir quelque chose de toute façon.

Puisque nous sommes trempés, autant rouler en attendant que le sud arrête la pluie et nous sèche un peu avant de camper. Le sud prend son temps… Trois heures plus tard, la pluie baisse enfin en intensité. Ah, il est 16 heures et la nuit tombe. Pas de problème, de toute façon on ne voyait rien de jour.

Nous continuons et séchons un peu. Il est temps de camper. Autour de nous, c’est le désert, un peu éclairé par la lune : un bandeau d’asphalte traverse un rien immense ponctué de rachitiques buissons épineux. Aucun relief pour s’abriter, aucun petit chemin, aucune route secondaire ou piste qui nous permettrait de nous éloigner de la route principale. Pas de problème, Grégoire s’engage sur un parking qui miraculeusement débouche sur une piste.

« Regarde, on dirait de la terre sèche ! Ah tiens non, en fait, il a plu ici aussi : le sol est une patinoire de glaise. D’ailleurs je suis tombé ». Pas de problème, c’est super mou et on ne se fait pas mal.

Plusieurs chutes plus tard et 200 mètres plus loin, nous plantons la tente (dans la boue). Pas de problème, cette terre un peu meuble va être incroyablement confortable et les sardines se plantent avec les doigts – c’est du bonheur. Il faudrait juste qu’il ne pleuve pas cette nuit pour que nous puissions repartir demain.

C’est le matin. La pluie tombe depuis au moins deux heures. Pas de problème, nous attendons dans la tente qu’elle s’apaise un peu pour plier bagage.

La pluie ameublit le sol. La mule est garée près de la tente. La mule veut rentrer dans la tente – c’est affectueux ces bêtes là : la béquille s’enfonce, s’enfonce, et hop, la mule tombe. Pas de problème, Cathy est bien réveillée à présent : le guidon a frolé sa tête. Et puis la pluie a cessé. C’est un signe, il faut plier.

Dehors, c’est un marécage. La boue glisse et colle à la fois. Pas de place pourtant pour se glisser entre la moto et la tente – qu’elle écrase – pour la relever. Pas de problème, le réservoir d’essence se vide sur la toile de tente, ce qui nous motive à trouver rapidement une solution.

Puisque de toutes façons tout glisse, nous glissons la tente sous la moto pour la dégager. Ça y est, nous pouvons repartir. 250 mètres plus loin, nous posons nos roues sur le bitume. 2 heures plus tard, nous avons enfin décollé suffisamment de boue pour repartir. Pas de problème, le soleil brille maintenant.

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Une halte au jardin perse de Tabas pour voir que les pélicans ont aussi froid que nous, des salars qui s’étendent à perte de vue : nous oublions vite notre halte dans le désert détrempé par la pluie.

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Une réflexion au sujet de « Pas de problème ! »

  1. Bonsoir à vous 2, les voyageurs de l’extrême !
    Décidément, rien ne vous arrête, et, c’est tant mieux ainsi.
    Il en faut du courage, de la foi, voire de l’abnégation face aux différentes conditions météo rencontrées.
    Que votre route soit belle en toutes choses, remplie de découvertes merveilleuses, tant géographiquement, qu’humainement.
    Nous vous suivons avec un réel plaisir, et sommes inquiets quand des difficultés de toutes sortes viennent contrecarrer votre aventure.
    A vous 2, les aventuriers de l’extrême, vivez pleinement les instants présents, ce que nous ne doutons pas.
    Que les esprits de la route, et, des chemins de terre, vous protègent.
    Un grand merci, vous nous fêtes rêver, nous, coincés dans notre vie, et, nos habitudes.
    Big Bisous de Paulette, Pascal, Elodie (notre fille) et Maxime (son homme)

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